Frédéric Privat

Quand la lumière révèle l’émotion

Photographe sensible et discret, Frédéric Privat capture depuis plus de trente ans des paysages hors du temps, baignés de lumière naturelle et de silence. Une œuvre monochrome, intime et intemporelle, façonnée par l’expérience et la résilience.

À 55 ans, Frédéric Privat s’est imposé comme un photographe à part, dont les images invitent à la contemplation. Spécialisé dans le paysage, il capte la nature dans ce qu’elle a de plus épuré, de plus silencieux, privilégiant la lumière naturelle et les atmosphères paisibles. Ses photographies, en noir et blanc, semblent suspendues dans le temps et touchent immédiatement.

« Ma passion pour la photographie remonte à 1991. Initié à la pratique argentique par un ami photographe amateur, je me suis formé ensuite de manière rigoureuse grâce à des cours par correspondance et à la lecture assidue de magazines spécialisés ». Cette formation autodidacte lui permet d’acquérir des bases techniques solides et de développer une écriture personnelle.

Très tôt, il est séduit par l’intemporalité et la force expressive du noir et blanc. « À travers mes clichés, j’essaie de transmettre une certaine douceur, d’exprimer une émotion. Selon les images, je cherche à révéler la puissance silencieuse d’une architecture, la sérénité d’une étendue d’eau ou la plénitude d’un paysage enveloppé de brume. Le paysage demeure néanmoins mon domaine de prédilection, un terrain artistique où lumière, lignes et contrastes dialoguent librement ».

Son travail se caractérise par une composition rigoureuse, mais laisse toujours une place à l’imprévu. « Lors de mes prises de vue, je ne poursuis pas d’idée préconçue et me laisse guider par l’instant. J’affectionne particulièrement la douce lumière de l’aube et celle, plus chaude, du crépuscule, ainsi que les paysages dans le brouillard. Pour moi, la lumière reste l’élément fondamental de toute photographie ».

Ses influences vont de Brassaï, pour ses jeux de lumière en noir et blanc, à Arnaud Bertrande, connu pour ses paysages au grand angle. Cette douceur, cette poésie et cette émotion signent son style. « Un ami m’a dit qu’il serait capable d’identifier mon travail entre mille. Je suis toujours agréablement surpris par les retours de mon public ».

Ses œuvres ont été présentées à l’occasion de l’exposition artistique nationale à Autun, où il a également occupé la fonction de président du jury photo. Les visiteurs comme les autorités présentes ont été touchés par son travail, mais aussi par sa personnalité réservée, faite de silences et d’écoute.

Si certaines de ses images laissent transparaître une forme de solitude ou de mélancolie, elles trouvent leur origine dans un parcours de vie marqué par l’épreuve. En 1992, alors qu’il effectue son service militaire au 35ᵉ RI de Belfort, on lui propose de signer un volontariat de service long pour une mission humanitaire de six mois en ex-Yougoslavie. Il revient marqué à jamais par la violence du conflit. Les premiers signes d’un syndrome de stress post-traumatique apparaissent en 2000, conséquence directe de cette mission. En 2018, deux médailles lui sont remises lors d’une cérémonie du 11 novembre (la Croix du combattant et la médaille de bronze de la Défense nationale).

« Cette expérience m’a profondément affecté et la photographie est pour moi une thérapie. Je suis bien entouré, prêt à aller de l’avant et m’apprête à rejoindre l’association ADH (Au-Delà de nos Handicaps) ». Pour Frédéric Privat, la photographie est devenue un langage intérieur, un moyen d’avancer et de transformer l’expérience vécue en images empreintes de calme et d’humanité.

 

Photo GDP

Frédéric Privat, lors de son exposition du 3 avril 2025, à la Galerie du Passage à Autun.

(Photo Galerie du Passage)